Vladimir Poutine gagne du temps pour mieux s’imposer face à Donald Trump

Frustré mais confiant, Donald Trump l’a reconnu : « Il se peut que la Russie traîne les pieds. » Plus de deux mois après son retour à la Maison Blanche, ses négociations de « contrat pour la paix » s’enlisent, contrariant son rêve de mettre vite fin à trois ans de guerre en Ukraine. En face, le Kremlin de Vladimir Poutine a offert quelques fausses concessions, mais a réitéré ses positions maximalistes et imposé son tempo : jouer la montre pour, sur le champ de bataille, continuer à avancer et, autour de la table des pourparlers, négocier en position de force.

Après les deux heures et demie de conversation téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine, le 18 mars, puis les douze heures de discussions entre leurs délégations, le 24 mars à Riyad, aucune date n’a encore été fixée pour un sommet entre les deux présidents. Surtout, il n’y a eu aucune déclaration commune, prélude à un accord. A la place : de simples communiqués séparés.

A chaque fois, Washington trompette, Moscou tempère. Leurs communiqués annoncent des avancées en trompe-l’œil. Mais l’analyse des textes le confirme : le contenu diffère. Après le coup de fil entre les deux présidents, la Maison Blanche a annoncé avec enthousiasme un cessez-le-feu sur les infrastructures énergétiques ; le Kremlin s’est empressé de réduire à trente jours cet arrêt limité des hostilités. Après les laborieux pourparlers entre émissaires à Riyad, les Etats-Unis se sont félicités d’avoir obtenu une trêve en mer Noire ; la Russie a prévenu que ce serait seulement après la levée des sanctions occidentales qui, selon elle, ciblent l’exportation des céréales et engrais russes.

Position asymétrique

« Tout en non-dits, ces accords de faux-semblants masquent la réalité : Donald Trump n’a pas obtenu de cessez-le-feu total. Il se croyait le plus fort, mais Vladimir Poutine domine », résume un haut diplomate européen bien au fait des négociations sur l’Ukraine. « Trump ne veut pas la paix, il veut surtout qu’on lui fiche la paix », ironise-t-il, rappelant que la priorité de Washington n’est plus la sécurité ni de l’Ukraine ni de l’Europe, mais un rapprochement russo-américain général avec de juteux contrats économiques.

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