Matières premières : « Le lait français tourne à l’aigre »
De mal en pis. La tension est à son comble au sein de la filière laitière française. A l’issue d’une bataille de chiffonniers, le président de l’interprofession, Pascal Le Brun, a même rendu son tablier, mercredi 15 octobre. « Les industriels veulent le beurre et l’argent du beurre », s’insurge Yohann Barbe, agriculteur dans les Vosges et président de la Fédération nationale des producteurs de lait. Ambiance ! Le torchon brûle, en effet, entre éleveurs et industriels, avec, en tête de file, le géant Lactalis, numéro un mondial des produits laitiers.
Au cœur du clash, la discussion sur la contribution volontaire obligatoire, une dîme collectée pour financer les actions du Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (Cniel). Une cagnotte de près de 37 millions d’euros destinée en particulier à promouvoir les produits laitiers auprès des consommateurs. « Jusqu’à présent, les éleveurs contribuaient à hauteur de 75 % du budget, les 25 % restants se répartissant entre les industriels privés et les coopératives », explique M. Barbe.
Au moment de la renégociation de cet accord triennal, les producteurs ont demandé son rééquilibrage. A savoir une répartition deux tiers-un tiers entre les éleveurs et les transformateurs. Un consensus semblait établi dès l’été 2024. Sauf qu’en cette rentrée, les industriels, représentés par leur bras armé la Fédération nationale de l’industrie laitière, l’ont fait volé en éclats. Provoquant la démission du président du Cniel et l’arrêt du fonctionnement de l’interprofession. Le lait français tourne à l’aigre.
Il vous reste 46.72% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

