Dans les eating places, hausse des défaillances et crise de confiance chez les shoppers

Pour Eddy Zouari, 59 ans, la vie de patron de restaurant, c’est terminé. Plus question de reprendre les rênes d’une nouvelle affaire : il est encore traumatisé par le redressement judiciaire de sa dernière brasserie parisienne, située porte de Clichy, qu’il avait ouverte fin 2020. L’affaire aurait pu marcher : un restaurant refait à neuf, un quartier vivant, une terrasse de 150 places, des sièges d’entreprises ou d’administrations à proximité… A la carte, de l’ultraclassique, du burger à la salade César, en passant par le tartare de saumon et l’entrecôte.
Mais l’essor du télétravail et les nouvelles habitudes des clients ont bouleversé son business plan. « Je ne travaillais bien que le mardi et le jeudi midi. Le reste du temps : presque personne. Je n’ai jamais été dans mes chiffres, évoque cet ex-patron de brasseries, reconverti en professeur de cuisine dans un lycée professionnel. Maintenant, le midi, les gens vont moins au restaurant. Ils se rabattent sur des formules à 12 euros à la boulangerie. Et quand ils vont au restaurant, ils font très attention. Un midi, un client m’a juste commandé un œuf mayo et deux corbeilles de pain ! Et quand je lui ai demandé s’il prenait un café, il m’a dit : “Non merci, je le prendrai au bureau”… Les petits “plus” passent à la trappe. Or, nous, les restaurateurs, c’est sur le café, le dessert ou le verre de vin qu’on fait nos marges. »
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