« Certains voient dans l’européanisation de l’OTAN la situation de sa survie »

Sans fanfare, ces derniers mois, un groupe d’anciens dirigeants et d’experts européens s’est réuni régulièrement sous la direction de l’ex-président finlandais Sauli Niinistö, pour travailler sur un sujet d’apparence anodine, mais d’une actualité devenue brûlante : qu’est-ce qu’un « pilier européen de l’OTAN » ?

Inévitablement, l’accélération de la dégradation de la relation transatlantique a conduit à poser la question autrement : un pilier européen « au sein de l’OTAN ? Ou bien en dehors de l’OTAN ? », nous raconte l’un des membres du groupe, l’ancien secrétaire général de l’OTAN Jaap de Hoop Scheffer. La différence, précise-t-il, « concerne le rôle des Etats-Unis – avec ou sans eux ? ».

Cette « task force », fruit de la collaboration de quatre centres de recherche européens, le Centre for European Policy Studies à Bruxelles, l’Institut néerlandais Clingendael, le Royal United Services Institute à Londres et l’université Bocconi de Milan, rendra son rapport en mars. Mais, dans les milieux de la défense, le débat, vertigineux pour les pays les plus atlantistes de l’Alliance, est lancé.

Il a pris un tour très concret avec la menace du président Donald Trump d’annexer le Groenland. « Un tournant pour l’Europe », dit M. de Hoop Scheffer, qui a aussi été le chef de la diplomatie néerlandaise. « Né atlantiste », il avoue avoir « dépassé le stade du deuil » de la relation avec les Etats-Unis et approuve le diagnostic de « rupture » posé par le premier ministre canadien, Mark Carney. Ce qui reste à définir, relève-t-il, c’est ce qui nous attend après cette rupture.

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