« Mostar : ceci n’est pas une ville », d’Aline Cateux : les ponts sont toujours coupés
Dans un café de Mostar, en Bosnie-Herzégovine, Aline Cateux discute avec un ami à propos de la décharge d’Uborak, au nord de la ville, que la gestion exécrable des autorités a transformée en « bombe écologique ». Soudain, un vieil homme intervient dans la conversation et leur dit, avec le plus grand calme : « Qu’ils nous empoisonnent ! Ils ont bien raison, pourquoi se priveraient-ils ? On ne mérite pas mieux. On n’a même pas été fichus de se débarrasser d’eux en trente ans. »
En écrivant Mostar : ceci n’est pas une ville, l’anthropologue, chercheuse aux universités d’Ottawa (Canada) et de Sarajevo (Bosnie-Herzégovine), a voulu tirer le fil de ces phrases, et de tant de propos similaires entendus depuis sa première visite, en 1999, dont ceux qui donnent son titre à son enquête : « Mostar n’est plus une ville », c’est « un amas de territoires individuels », lui ont répété tant de Mostariens. « Je ne sais pas comment tout ça tient ensemble », ajoutait son amie Zora.
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