Un gîte, et bien plus : Les Bobos à la ferme, un lieu pensé pour soulager les mother and father aidants

Dans la pièce principale du gîte, spacieuse et baignée de lumière, Vincent Mathieu finit de faire manger Clémence, 4 ans et demi. Camille Corlouer, sa compagne, accueille Caroline Facon, qui va s’occuper de la fillette pendant que les jeunes parents iront déjeuner dans un restaurant. Le couple, qui attend son deuxième enfant, est venu de région parisienne pour passer une semaine au vert, à La Madelaine-sous-Montreuil, village de 150 âmes du Pas-de-Calais, à une quinzaine de kilomètres du Touquet et de Berck. Une scène banale de vacances ?

« En vacances “normales”, on ne prendrait pas quelqu’un qu’on ne connaît pas pour la garder », précise Vincent Mathieu. Atteinte d’une maladie rare, Clémence est polyhandicapée. Elle se déplace en fauteuil roulant, ne parle pas, communique principalement avec le regard. Mais ici, la famille est en toute confiance pour la laisser quelques heures à une personne qu’ils n’ont jamais vue. Caroline Facon n’est pas une baby-sitter ordinaire. Educatrice spécialisée forte d’une quinzaine d’années d’expérience, elle exerce depuis deux ans en libéral comme relayeuse – un métier qui consiste à intervenir, généralement à domicile, auprès d’une personne en situation de handicap, pour permettre aux proches aidants de s’accorder un moment de répit. Elle travaille en majeure partie avec les familles qui séjournent dans les gîtes des Bobos à la ferme, nom de ce tiers-lieu pas-de-calaisien innovant. Afin de préparer au mieux les deux séances de relayage prévues pour Clémence, Caroline Facon avait échangé par téléphone avec ses parents en amont du séjour.

Camille Corlouer et Vincent Mathieu avec leur fille Clémence, 4 ans. La famille est venue passer quelques jours dans un des gîtes des Bobos à la ferme. A La Madelaine-sous-Montreuil (Pas-de-Calais), le 18 avril 2024.
Clémence, 4 ans, est prise en charge par une relayeuse, Caroline Facon, éducatrice spécialisée. Pendant ce temps, ses parents sont partis déjeuner dans un restaurant des environs. A La Madelaine-sous-Montreuil (Pas-de-Calais), le 18 avril 2024.

« Quand on a réservé notre séjour, l’équipe nous a demandé précisément ce dont on aurait besoin », soulignent Vincent Mathieu et Camille Corlouer. A leur arrivée, ils ont trouvé des locaux modernes, chaleureux, parfaitement adaptés au handicap, et un accueil aux petits oignons. Le « drive fermier » qu’ils avaient commandé les attendait dans le réfrigérateur. De quoi passer quelques jours détendus, en profitant d’activités sur le site et alentour. La veille de notre rencontre, mi-avril, ils avaient déjà testé (et apprécié) l’espace d’« handibalnéo », un spa entièrement adapté. Des balades au grand air sur la Côte d’Opale sont aussi au programme, y compris sur le sable, grâce à une troisième roue qui s’ajuste sur le fauteuil de Clémence. « On part assez souvent en vacances, mais habituellement, c’est une sacrée organisation. La dernière fois qu’on est allés à la montagne, j’ai dû contacter vingt-cinq logements pour vérifier l’accessibilité, raconte Camille Corlouer, sans animosité. Ici, tout est pensé pour nous simplifier la vie. Ils ont même proposé de nous aider pour les financements. »

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