Résultats des européennes 2024 : Giorgia Meloni conforte sa place en Italie et en Europe

La première ministre italienne, Giorgia Meloni, après l’annonce des résultats des élections européennes, au siège de campagne de son parti, Fratelli d’Italia, à Rome, le 10 juin 2024.

Giorgia Meloni a remporté son pari. Malgré une participation historiquement basse de 49,6 %, la présidente du conseil italien sort renforcée à Rome comme à Bruxelles à l’issue du scrutin qui s’est clos dimanche 9 juin au soir. Avec 28,9 % des voix selon les projections encore incomplètes lundi matin, les résultats de son parti, Fratelli d’Italia (national-conservateur), dépassent les 26 % enregistrés aux élections législatives de 2022. Mme Meloni s’affirme ainsi comme la cheffe de l’exécutif le plus stable des grands pays européens, après la déroute des majorités au pouvoir à Paris et à Berlin.

Au sein de son parti, on entend à présent poursuivre le dialogue avec le Rassemblement national (RN) pour former des majorités au Parlement européen sur certains textes, et l’on espère une victoire de l’extrême droite à Paris après les élections législatives anticipées annoncées dimanche. « Un gouvernement différent de celui de Macron serait forcément une bonne nouvelle », affirmait ainsi, interrogé par Le Monde, Francesco Lollobrigida, un très proche de Mme Meloni détenant le portefeuille de l’agriculture au sein son gouvernement.

« Ils nous ont vus arriver, ils ne nous ont pas arrêtés ! », a exulté la présidente du conseil lors d’une brève allocution devant ses partisans réunis au quartier général de campagne de Fratelli d’Italia dans la nuit de dimanche à lundi. Mme Meloni avait choisi de personnaliser à outrance sa campagne en prenant la tête des listes de son parti dans toutes les circonscriptions du pays et en demandant à ses électeurs de n’inscrire que son prénom « Giorgia » sur les bulletins de votes. La victoire de Fratelli d’Italia est donc une victoire personnelle.

Marginale en 2019 avec un score de 6,4 % et 5 élus, sa formation va aborder la nouvelle législature en position de force au sein du groupe des Conservateurs et Réformistes européens, mouvance dont la présidente du conseil est aussi la cheffe de file. Dans les mois qui ont précédé le scrutin, Mme Meloni avait oscillé entre la mise en avant d’une relation étroite avec la présidente sortante de la Commission européenne, candidate à sa réélection, Ursula von der Leyen, du Parti populaire européen (PPE, centre droit), et une succession d’ouvertures à l’endroit de Marine Le Pen et du RN.

Le « modèle italien » d’alliance entre droite et extrême droite

« Macron soutient tout ce à quoi nous nous opposons, un changement à Paris avec le Rassemblement national serait très positif, indique Lucio Malan, président du groupe Fratelli d’Italia au Sénat. Il y a une réelle volonté de notre part de parler avec le Rassemblement national pour mettre en place une collaboration fructueuse. Nous sommes d’accord sur pratiquement tous les sujets avec Marine Le Pen et nous pouvons envisager de construire des majorités ensemble, texte par texte, avec d’autres partis de droite. »

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