L’extension de la ligne 11 du métro rapproche Paris et la Seine-Saint-Denis

Devant la nouvelle station de métro de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 28 mai 2024.

Ce mois de juin, à la veille de Jeux olympiques et paralympiques (JOP) à Paris, est la saison de toutes les inaugurations dans les transports franciliens. Celle-ci a même été lancée début mai, avec l’extension du RER E, Eole de son petit nom, à l’ouest, jusqu’à Nanterre-La Folie. En raison des retards de livraison des rames, seuls quatre trains par heure circuleront cet été sur le nouveau tracé, mais deux des trois nouvelles gares, celles de la porte Maillot et de la Défense, renforcent la desserte des sites de compétition.

C’est à la porte Maillot, ex-rond point routier transformé de manière spectaculaire en une place sur laquelle s’étend un espace vert, que s’arrête aussi, depuis début avril, le tramway des Maréchaux.

Le prolongement de la ligne 14, la « colonne vertébrale des Jeux olympiques », l’« épine dorsale de l’Ile-de-France », comme elle est déjà rebaptisée, reliera, le 24 juin, la nouvelle gare Saint-Denis-Pleyel, au nord, à l’aéroport d’Orly, au sud, en quarante minutes. Pour la première fois de son histoire, le deuxième aéroport de la région capitale aura une liaison directe avec Paris.

Une extension planifiée depuis 1937

Et puis il y a ce qui se passe à l’est de la capitale, jeudi 13 juin. Moins spectaculaire, moins médiatique, car cela ne concerne pas directement les JOP et que le chantier a subi moins d’aléas, l’événement n’aura pas les honneurs de l’Elysée. Le prolongement de la ligne 11 depuis Mairie-des-Lilas jusqu’à Rosny-Bois-Perrier, qui traverse Romainville, Noisy-le-Sec, Montreuil, n’en est pas moins stratégique, voire est une « révolution », assure le directeur de la ligne, Guillaume Karakouzian, pour les habitants du territoire qu’il dessert, la Seine-Saint-Denis. Le département, faut-il le rappeler, le plus peuplé d’Ile-de-France après Paris, compte encore des villes et des quartiers très denses, des hôpitaux, comme c’était le cas pour André-Grégoire à Montreuil, accessibles seulement en bus ou en voiture.

Ce prolongement est le deuxième projet le plus ambitieux de la RATP de ces dernières années : 1,3 milliard d’euros pour les seules infrastructures, auquel il faut ajouter les 380 millions pour les rames, financées par Ile-de-France Mobilités. Cette poussée vers la banlieue est planifiée – au moins jusqu’à Romainville – depuis 1937, rappelait, fin mai, le directeur du projet, Pierre Florent, lors d’une visite organisée par la régie. A cette date, la ligne 11 s’arrêtait Mairie-des-Lilas. La seconde guerre mondiale a éclaté. Il a fallu attendre plus de soixante ans pour que soient lancées de nouvelles études, en 2009.

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