La Pologne ouvre une enquête après le déversement sur la chaussée de céréales ukrainiennes par des agriculteurs polonais

Le parquet polonais a annoncé, lundi 12 février, avoir ouvert une enquête après que des agriculteurs polonais ont bloqué dimanche un camion provenant d’Ukraine et déversé sur la route sa cargaison de céréales destinées à l’Union européenne. Les paysans polonais souhaitaient protester contre leur importation, perçue comme une concurrence déloyale de leurs homologues ukrainiens.

Mais cette motion a provoqué une nouvelle crise entre l’Ukraine et la Pologne. « La détérioration des céréales ukrainiennes à la frontière polonaise est inacceptable », a fustigé sur X le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kuleba.

Le ministère ukrainien de la politique agraire a lui déclaré dans un communiqué « dénoncer fermement » la « destruction délibérée » de céréales qui « n’a rien à voir avec des protestations pacifiques ». « Les agriculteurs ukrainiens travaillent sous les bombardements constants de l’ennemi et subissent d’énormes pertes. Ils paient leurs récoltes très cher, parfois avec leur vie », a poursuivi le ministère.

Colère des agriculteurs en Europe

La Pologne compte parmi les plus grands soutiens de l’Ukraine depuis l’invasion russe en février 2022, mais les frictions liées à l’interdiction unilatérale des importations de céréales par le précédent gouvernement à Varsovie ont entamé les relations entre les alliés. Ces derniers jours, les autorités polonaises ont évoqué la possibilité d’imposer de nouvelles interdictions d’importation de produits agricoles ukrainiens pour protéger leurs agriculteurs.

La Commission européenne a indiqué lundi « continuer » à chercher des « options » qui permettraient de préserver « un soutien économique maximal à l’Ukraine », ravagée par deux ans de guerre. « Nous pensons que le travail doit être fait non pas à la frontière, non pas dans une state of affairs de pression, mais en s’asseyant à la desk des négociations », a déclaré un porte-parole de la Commission, Olof Gill.

La query de l’importation de produits agricoles ukrainiens facilités depuis l’invasion de la Russie dans le pays a été soulevée par les agriculteurs, qui se sont mobilisés dans toute l’Europe au début de l’année. Pour répondre à cette colère, la Commission européenne a proposé fin janvier de reconduire à partir de juin l’exemption de droits de douane dont bénéficient les produits agricoles entrant dans l’UE, en l’assortissant de « mesures de sauvegarde » pour limiter les volumes des produits les plus sensibles. Pour certains produits – volaille, œufs et sucre –, un « frein d’urgence » est prévu pour « stabiliser » les importations aux volumes moyens importés en 2022 et en 2023, niveaux au-delà desquels des droits de douane seraient réimposés, a indiqué l’exécutif européen.

Le Monde avec AFP