La diplomatie parallèle de Viktor Orban embarrasse l’Union européenne

Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, à gauche, et le président chinois, Xi Jinping, à Pékin, en Chine, le lundi 8 juillet 2024.

Kiev le 2 juillet, Moscou le 5 juillet, Choucha, en Azerbaïdjan, le 6 juillet, Pékin le 8 juillet, et Washington, pour le sommet de l’OTAN, à partir du 9 juillet. En moins d’une semaine, le premier ministre hongrois, Viktor Orban, aura effectué un véritable marathon diplomatique, qui a surpris l’ensemble de ses partenaires européens.

Que le dirigeant hongrois, chargé depuis le 1er juillet de la présidence semestrielle tournante de l’Union européenne, se rende à Kiev, tous ses homologues européens s’y attendaient et l’espéraient. Ce geste symbolique permettait de montrer l’attachement européen au sort des Ukrainiens, qui vivent sous les bombes russes depuis maintenant deux ans et demi.

Mais que l’homme fort de Budapest se rende ensuite à Moscou, à Choucha, dans la région du Haut-Karabakh reprise en 2023 par l’Azerbaïdjan à l’Arménie – un affront pour Paris –, et à Pékin sous le couvert d’une « mission de paix » en lien avec l’Ukraine, a pris toutes les capitales de court. Cette tournée préparée dans le plus grand secret a été perçue comme un signe de déloyauté.

Approbation de Trump

« Les capitales s’inquiètent de plus en plus du rôle que s’attribue M. Orban dans la soi-disant “mission de paix”, alors qu’il devrait être clair qu’il ne représente que son propre pays », soulignait lundi, à Bruxelles, un diplomate européen après un week-end où un grand nombre de chefs de gouvernement ont vivement critiqué la diplomatie parallèle de M. Orban. Depuis le début du conflit, les Etats européens exigent une paix juste.

« Et dire que cela ne fait que huit jours que la Hongrie occupe la présidence tournante de l’Union européenne », soupire un fonctionnaire communautaire à Bruxelles. Les ambassadeurs des Etats membres ont exigé lors de leur prochain rendez-vous hebdomadaire, mercredi, une explication de la présidence hongroise.

Cette tournée a été, en recanche, très appréciée à Budapest, Moscou et Pékin. « En l’espace de quelques jours, Viktor Orban a rencontré tous les dirigeants importants qui décideront du sort de l’Ukraine et de l’Europe, relève Andras Laszlo, un eurodéputé du Fidesz, le parti du premier ministre hongrois sur le réseau social X. La diplomatie ne peut fonctionner que si l’on parle à toutes les parties. »

Hors Hongrie, cette tournée a été approuvée par le candidat républicain à la Maison Blanche, Donald Trump, qui a qualifié le dirigeant hongrois de « faiseur de paix ». « Assez des guerres incessantes et des sommes d’argent sans fin qui les financent, a-t-il estimé sur X. La paix doit être l’objectif ultime. »

Il vous reste 48.22% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.