Elections européennes 2024 : Les Républicains, du soulagement des résultats à l’angoisse de la dissolution

François-Xavier Bellamy (Les Républicains), dans les locaux de France Télévisions lors de la soirée électorale, à Paris, le 9 juin 2024.

Fallait-il y voir un signe ? Dimanche 9 juin, à 18 h 38, l’alarme incendie a retenti au siège du parti Les Républicains (LR), sans que la nouvelle maison du parti brûle pour autant. Vers 21 heures, une alerte surprend une cinquantaine de jeunes militants réunis dans une salle de presse exiguë. En direct de l’Elysée, Emmanuel Macron annonce la dissolution de l’Assemblée nationale. Non loin de là, au siège de LR situé place du Palais-Bourbon, la rumeur troublait depuis quelques minutes la quiétude d’une soirée électorale où on entendait même le tintement de quelques verres.

Comme soulagée, la droite trinquait avec modération à sa survie. Avec un résultat de 7,2 % aux élections européennes, pour la liste emmenée par François-Xavier Bellamy, elle pensait alors avoir sauvé l’essentiel : les apparences et surtout un groupe au Parlement européen avec un score supérieur à 5 %. Quelques minutes plus tôt, le candidat confirmait la bonne nouvelle au téléphone à Manfred Weber, président d’un groupe PPE (Parti populaire européen), inquiet de la situation de son allié français.

En parfait agrégé de philosophe, François-Xavier Bellamy s’attaque à un paradoxe par la rhétorique. Malgré un résultat inférieur à celui de sa campagne de 2019 et ses 8,48 %, score alors perçu comme une catastrophe pour LR, le candidat voit dans « ces élections européennes le début d’un long chemin pour relever la droite ». Quand on vous prédit le pire, on se contente du passable. « On ne fanfaronne pas, mais on nous promettait de finir à moins de 5 % et d’être derrière Reconquête ! », résume Othman Nasrou, directeur de la campagne de LR.

« Nous n’avons pas l’intention de nous allier »

Si le chemin annoncé par M. Bellamy existe, sa formation politique va devoir prendre un détour inattendu et sinueux avec des élections législatives prévues les 30 juin et 7 juillet. Au soulagement de la soirée électorale pour un parti contraint à la modestie depuis les 4,78 % de Valérie Pécresse à la présidentielle de 2022, a très vite succédé l’inquiétude. Si certains jeunes militants expriment leur impatience de battre le pavé pendant trois semaines, leur président offre un visage plus inquiet.

Vers 21 h 30, Eric Ciotti retrouve le siège de son parti après sa tournée des plateaux de télévision. « Il est hors de question d’entrer dans une forme d’alliance ou de coalition avec un pouvoir qui a mis la France dans cet état. Le pays a exprimé un vote d’opposition au président de la République », dit-il dans une brève allocution. A ses côtés, François-Xavier Bellamy a aussi décliné toutes mains tendues de la majorité : « Nous n’avons évidemment pas l’intention de nous allier, de nous dissoudre, de nous renier. »

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