Elections européennes 2024 : Jordan Bardella lance la campagne du RN et dénonce le « grand effacement de la France » provoqué par l’UE et Emmanuel Macron

La scène sur laquelle Jordan Bardella a prononcé son discours pour le lancement de la campagne du Rassemblement national aux élections européennes 2024, à Marseille, dimanche 3 mars 2024.

Aux abords du Stade-Vélodrome et devant 5 000 personnes, Jordan Bardella a lancé, dimanche 3 mars dans l’après-midi, à Marseille, la campagne des élections européennes du Rassemblement nationwide (RN) avec un assembly géant pour donner corps à une dynamique jusqu’ici prometteuse dans les sondages pour le parti d’extrême droite.

Dans son discours, la tête de liste du RN a dénoncé « le grand effacement de la France » provoqué par l’Union européenne et Emmanuel Macron, selon lui. « Un grand effacement qui se traduit par le recul de la France chez elle mais également en Europe et dans le monde, par le délabrement de l’Etat, par la dislocation du pays et par-dessus tout par la désunion des Français », a poursuivi le chief d’extrême droite, en visant « le grand effaceur, Emmanuel Macron ».

Marine Le Pen a elle aussi ciblé le président de la République, en fustigeant le « cynisme » et les « postures guerrières » d’un président « en état de siège », face auquel le RN proposera une « transition réfléchie et résolue, nationale et populaire ». Elle a par ailleurs confirmé sa présence sur la liste du parti d’extrême droite, à la dernière place, une candidature « symbolique ».

Plus d’un demi-millier de contre-manifestants

Le assembly facturé 400 000 euros – sur un finances de campagne complete de 4,32 hundreds of thousands – devait notamment être l’event d’éprouver un nouveau slogan : « La France revient », sous-titré « L’Europe revit », clin d’œil à la formule de Ronald Reagan « America is again ». C’était déjà une référence aux années 80 que le parti d’extrême droite employait jusqu’alors, « Vivement le 9 juin », pastiche d’un slogan du RPR de Jacques Chirac.

Drapeaux et pancartes disposés sur les sièges avant le meeting du Rassemblement national, à Marseille, dimanche 3 mars 2024.

Le assembly visait aussi à concrétiser la « Bardella-mania » théorisée par les stratèges du RN, selon eux déjà vérifiée par les 28 % à 30 % de suffrages promis par les sondages, autant que sa popularité, mesurée au nombre de selfies réclamés lors de ses déplacements. Le rendez-vous phocéen a inauguré une série d’une dizaine de réunions publiques programmées au cours des trois prochains mois, dont l’une à Paris le 1er mai.

Une contre-manifestation a réuni en parallèle 600 personnes à Marseille, venues « marquer leur opposition » au RN. « La période n’est pas réjouissante pour les luttes de gauche » mais c’est necessary « de faire entrance face au RN », y a estimé une contre-manifestante, âgée de 25 ans.

La Macronie doit aussi lancer sa campagne

Jeudi, Jordan Bardella avait dévoilé une « stratégie tricolore » inspirée des feux de circulation, faisant le tri entre les coopérations communautaires qu’il « approuve » (par exemple Erasmus), celles pour lesquelles il réclame de « nouvelles situations » (comme pour Schengen) et des « lignes rouges », notamment l’immigration. S’agit-il d’une volonté de sortie de l’Union déguisée, comme l’guarantee la Macronie ? « Pas de “Frexit”, ni public, ni caché », avait-il juré, en se disant ne pas être « contre l’Europe » mais « contre l’Union européenne », renvoyée à un easy « modèle d’organisation politique comme il pourrait en exister plusieurs ».

Ultra-favori dans les sondages, avec environ dix factors de plus que la liste Renaissance-MoDem-Horizons, le RN de Jordan Bardella a un double objectif : arriver en tête et faire au moins aussi bien que lors des dernières élections européennes (23,34 %). En face, la Macronie, engluée depuis plusieurs semaines à moins de 20 % d’intentions de vote, et sa candidate Valérie Hayer entendent répondre au assembly de M. Bardella dès samedi 9 mars, à Lille, avec le premier ministre Gabriel Attal et son gouvernement au complet pour soutenir la tête de liste.

Le Monde avec AFP

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