Dans les Hautes-Alpes, EDF Renouvelables mix hydroélectrique et photovoltaïque

Vue aérienne de la centrale solaire flottante de Lazer (Hautes-Alpes), d’EDF Renouvelbales.

Voilà près d’un an que des panneaux solaires flottent sur les eaux bleues du barrage hydroélectrique de Lazer, dans les Hautes-Alpes. En juin 2023, EDF Renouvelables inaugurait, sur le site alpin, la première centrale photovoltaïque installée sur le plan d’eau d’une centrale hydroélectrique. Equipée de 50 000 panneaux, elle affiche une capacité installée de 20 mégawatts annuels, soit le double de celle de la centrale hydroélectrique.

L’alliance entre hydroélectrique et photovoltaïque, inédite en France, permet de valoriser ces grandes étendues d’eau et contribue aux objectifs d’EDF Renouvelables, qui souhaite atteindre les 800 mégawatts de production d’énergie en solaire flottant.

Afin d’installer les panneaux sur l’eau, il a fallu tenir compte de contraintes spécifiques. « Un gros travail a été fait sur les ancrages au sol des panneaux, pour que cela n’abîme pas la retenue et que la centrale solaire puisse s’adapter aux variations des niveaux d’eau, qui sont de quelques mètres entre l’hiver et l’été », détaille Alexandre Kammas, directeur opérationnel du pôle solaire d’EDF Renouvelables. Les panneaux sont reliés à des plots en béton, posés au fond de la retenue, par des câbles en Nylon et de chaînes en acier, qui laisse le « mou » suffisant pour s’adapter au marnage (hausse et baisse du niveau d’eau) de la retenue.

« Axe de développement »

La combinaison est particulièrement utile pendant la période estivale, au cours de laquelle la production d’énergie des barrages hydroélectriques est mise à l’arrêt. La ressource en eau, moins importante à ce moment-là, est alors principalement utilisée pour l’irrigation. Les panneaux solaires permettent de prendre le relais.

« C’est très intéressant, dans la mesure où l’on complète la production à une période qui est la plus importante pour nous, car c’est là qu’il y a le plus d’ensoleillement », souligne Sofiane Boukebbous, directeur de développement de la zone sud-est et outre-mer chez EDF Renouvelables. « Avant, on avait une production renouvelable sur plusieurs périodes de l’année, de l’automne jusqu’à la fin de l’hiver. Désormais, on y parvient tout au long de l’année. » Le rendement des panneaux solaires est également amélioré par la proximité de l’eau, qui refroidit les équipements.

D’autres projets similaires sont à l’étude dans le quart sud-est du pays. Certains sont déjà en cours d’instruction, comme sur la centrale hydroélectrique du Cheylas, en Isère, où des panneaux solaires doivent être installés sur le plan d’eau à partir de 2025, pour une mise en service à l’horizon 2027 et la production d’une quarantaine de mégawatts.

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