Commission européenne : accord entre certains dirigeants clés européens pour reconduire Ursula von der Leyen

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le 17 juin 2024 à Bruxelles.

Six dirigeants européens, dont Emmanuel Macron et Olaf Scholz, se sont mis d’accord mardi 25 juin pour soutenir la désignation de l’Allemande Ursula von der Leyen pour un deuxième mandat à la tête de la Commission européenne, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de sources proches des négociations, une information confirmée au Monde par une source diplomatique européenne.

Ces dirigeants, qui appartiennent aux camps de la droite, des sociaux-démocrates et des centristes, se sont aussi entendus sur deux autres postes clés ou « top jobs » de l’UE. L’ancien chef du gouvernement portugais, le socialiste Antonio Costa, deviendrait le nouveau président du Conseil européen et la cheffe du gouvernement estonien, la centriste Kaja Kallas, prendrait la tête de la diplomatie de l’UE, ont indiqué les mêmes sources.

Les trois noms pour ces postes clés de l’UE seront soumis à l’ensemble des 27 chefs d’Etat et de gouvernement lors d’un sommet jeudi et vendredi à Bruxelles. Ils devront recueillir l’aval des dirigeants à la majorité qualifiée (au moins 15 pays, représentant 65 % de la population européenne).

Accord sans Meloni et Orban

L’écrasante majorité des dirigeants des 27 est issue de l’une des trois familles politiques représentée par les six négociateurs qui ont conclu un accord mardi. Parmi les exceptions notables : la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, à la tête des Conservateurs et réformistes européens (ECR, droite radicale et extrême droite), et le premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban.

Les six dirigeants négociateurs sont les chefs des gouvernements grec, Kyriakos Mitsotakis, et polonais, Donald Tusk, issus du Parti populaire européen (PPE, droite), le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, et le chancelier allemand, Olaf Scholz (sociaux-démocrates), le président français, Emmanuel Macron, et le premier ministre néerlandais, Mark Rutte (centristes et libéraux).

Le président du parti conservateur allemand, la CDU (dont est issue Ursula von der Leyen), Friedrich Merz, a confirmé l’accord à Berlin, avant une réunion de son groupe parlementaire à la chambre des députés. « Les chefs d’Etat et de gouvernement se sont mis d’accord ce matin lors d’une visioconférence pour proposer Ursula von der Leyen pour un deuxième mandat », a-t-il déclaré, se réjouissant d’une « bonne décision ».

« L’accord que le PPE a fait avec les gauchistes et les libéraux va à l’encontre de tout ce sur quoi l’UE est basée. Au lieu d’inclure, elle sème les graines de la division. Les plus hauts responsables de l’UE devraient représenter tous les Etats membres, et pas seulement les gauchistes et les libéraux », a fustigé sur le réseau social X Viktor Orban, qui a rencontré Emmanuel Macron mardi à Paris pour un déjeuner de travail.

Si elle est effectivement choisie par les dirigeants, Ursula von der Leyen devra ensuite être adoubée par une majorité absolue de 361 eurodéputés nouvellement élus. En 2019, elle avait été élue de justesse, avec 9 voix d’avance.

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu