Aux Pays-Bas, Geert Wilders annonce un accord pour la formation d’un gouvernement

Geert Wilders, chef du Parti pour la liberté, s’adresse aux médias à La Haye, le 24 novembre 2023. Sa formation d’extrême droite est arrivée en tête des élections législatives aux Pays-Bas deux jours avant.

Près de six mois de tractations, cinq « informateurs » ou « éclaireurs » pour tenter de concilier les vues de quatre partis, une quasi-rupture en février et, en bout de ligne, une réussite pour Geert Wilders et son parti d’extrême droite : les Pays-Bas vont mettre un terme à l’ère Mark Rutte, le premier ministre libéral qui a gouverné le pays depuis 2010. Le dirigeant populiste et anti-immigration a parlé, dans l’après-midi du mercredi 15 mai, d’un jour « historique » pour évoquer l’arrivée au pouvoir de son Parti pour la liberté (PVV).

Arrivé en tête des élections en novembre 2023, M. Wilders est donc parvenu à conclure un accord de principe avec les libéraux du Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD), le Mouvement agriculteur-citoyen (BBB) et la formation de centre droit Nouveau Contrat social (NSC). Les dernières négociations se sont achevées quelques heures seulement avant le terme qui avait été fixé par Elbert Dijkgraaf et Richard van Zwol, les deux « sages » qui entendaient transmettre, mercredi soir au plus tard, leurs conclusions aux députés de la Seconde Chambre.

Le programme du futur gouvernement est, à ce stade, résumé dans une note de vingt-cinq pages qui doit être approuvée par les députés des quatre partis. Mercredi, au sein du parti libéral comme au NSC de Pieter Omtzigt, quelques élus ne cachaient toujours pas leur hostilité au principe d’une collaboration avec l’extrême droite, même si les dirigeants de leur formation estiment impossible de nier les résultats d’une élection qui avait signé une nette victoire du PVV, détenteur de 37 sièges sur les 150 de la Seconde Chambre. Le parti agrarien BBB, souvent aligné sur les positions de l’extrême droite, avait, lui, remporté 7 sièges.

Afin de réaliser ce qu’il avait appelé « son rêve » de participer au pouvoir, M. Wilders avait à convaincre les libéraux du VVD ainsi que M. Omtzigt de s’embarquer avec lui pour une aventure très incertaine. Dilan Yesilgöz-Zegerius, la ministre démissionnaire de la justice qui a succédé à M. Rutte à la tête du parti libéral, avait, durant la campagne, ouvert la porte à une telle collaboration. Elle devait toutefois concilier les positions de son parti concernant l’austérité budgétaire, l’accueil des demandeurs d’asile ou l’avenir de l’agriculture avec les exigences de ses partenaires, qui défendent un programme social ambitieux, exigent une fermeture des frontières et remettent en cause les objectifs environnementaux qui avaient été fixés par M. Rutte.

Déroulement des négociations très inhabituel

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