Attribution des fréquences de la TNT : C8 peine à plaider sa trigger devant l’Arcom

L’animateur de télévision Cyril Hanouna lors de la commission d’enquête parlementaire sur l’attribution des fréquences de la TNT, à l’Assemblée nationale, le 14 mars 2024.

En se rendant, mardi 9 juillet, devant l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) pour défendre la candidature de C8 à une nouvelle autorisation de diffusion, les dirigeants de Canal+ ne s’attendaient sans doute pas à une promenade de santé. Ils avaient raison. La présentation flatteuse qu’ils espéraient faire des programmes, et les belles promesses pour l’avenir qu’ils avaient opportunément glissé dans leur propos liminaire – mais pas dans leur dossier écrit, leur a-t-on reproché – ne leur ont pas permis d’éviter une audition en forme de course d’obstacles.

C’est le conseiller Hervé Godechot qui a lancé l’offensive. « Juste sur cette année [glissante] », a-t-il posé d’emblée, « il y a eu sept sanctions » adressées par l’Arcom à C8, « en matière de non-respect de la vie privée, de l’image, de l’honneur, de la réputation, de la dignité de la personne humaine, de la protection des mineurs, du droit à l’image » – certaines sont encore « pendantes devant le Conseil d’Etat », quand d’autres sont confirmées.

Depuis 2012, la chaîne a fait l’objet de trente-deux interventions de la part du régulateur pour des manquements à ses obligations dans l’émission « Touche pas à mon poste » (TPMP), présentée par Cyril Hanouna.

Des séquences qui ne représentent que « 0,6 % du temps d’antenne », a aussitôt minimisé Franck Appietto, le directeur général de C8 : « Et si on enlève la publicité clandestine [lorsqu’une marque est visible à l’écran, par exemple], c’est 0,1 % ». « C’est 0,6 % de trop, M. Appietto », l’a coupé le président Roch-Olivier Maistre, peu impressionné par l’argument.

Diffusion en léger différé de « TPMP »

Les dirigeants de la chaîne savaient à quoi s’attendre et avaient imaginé une parade. Sans grand enthousiasme, et même « avec regret », a reconnu Maxime Saada, le président du directoire du groupe Canal+,  ils ont proposé d’imposer à l’émission TPMP, à la rentrée, un time delay, soit un différé d’une durée de 15 à 45 minutes. Un procédé qui avait été mis en place en octobre 2019 pour l’émission « Face à Zemmour », sur CNews, et qui permettrait à la chaîne de « garantir la maîtrise de [son] antenne », s’est félicité Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ France.

Celle-ci semble effectivement ne pas aller de soi : Franck Appietto a ainsi reconnu qu’il lui arrivait de découvrir à l’antenne des invités que le conducteur de « TPMP » ne mentionnait pas. C’était, le cas, semble-t-il, de l’auteur des propos sur « l’adrénochrome », une séquence sanctionnée par une amende de 500 000 euros.

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