L’optimisation fiscale, c’est comme l’alcool, il faut en user avec modération. Parce que son fondateur, Pierre Castel, 99 ans, a poussé le bouchon un peu loin, l’empire de vins et de bières qui porte son nom (Baron de Lestac, Château Beychevelle, Maison Nicolas…), premier producteur de boissons en Afrique, se retrouve au centre d’une bataille de gouvernance épique.
Lundi 2 février, la famille Castel, majoritaire au capital, a annoncé avoir révoqué, lors d’une assemblée générale extraordinaire, Grégory Clerc, le directeur général, de son mandat d’administrateur dans Investment Beverage Business Management (IBBM), la société de tête singapourienne du groupe Castel. Une dynastie entrepreneuriale qui se fâche avec un manageur, cela reste banal. Mais, cette fois, l’affaire est plus corsée qu’un rouge du Sud.
Tout à son obsession d’échapper au fisc, Pierre Castel, résident suisse, a organisé son groupe aux racines bordelaises en une galaxie de sociétés, du Luxembourg à Singapour, avec la volonté de scinder gestion opérationnelle, d’un côté, et, propriété du capital, de l’autre, à travers un système complexe de fiducies et de holdings. En 2023, il a confié les commandes des opérations à Grégory Clerc, un avocat genevois qui l’avait épaulé dans son conflit avec les autorités fiscales suisses, soldé par une facture supérieure à 350 millions d’euros cette année-là.
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