A Moscou, Modi affiche sa proximité avec Poutine malgré des désaccords sur l’Ukraine

Le président russe, Vladimir Poutine (à droite), et le premier ministre indien, Narendra Modi, au Kremlin, à Moscou, le 9 juillet 2024.

L’ombre de la guerre en Ukraine aura plané sur l’ensemble de la visite de Narendra Modi en Russie, les 8 et 9 juillet. Le premier ministre indien est arrivé à Moscou, lundi, pour renforcer ses liens avec la Russie, quelques heures à peine après des frappes aériennes russes sur des villes ukrainiennes ayant fait plus de 40 morts. Le plus grand hôpital pédiatrique du pays a été touché, suscitant l’indignation de la communauté internationale. Le contraste entre les images était saisissant. D’un côté, des enfants blessés sortis des décombres. De l’autre, le président russe, Vladimir Poutine, et le premier ministre indien, Narendra Modi, se promenant à bord d’une voiturette de golf et s’enlaçant fraternellement.

Le dirigeant indien, allié historique de Moscou et partenaire de l’Occident, mène depuis le début du conflit en Ukraine un délicat exercice d’équilibriste, rendu un peu plus périlleux encore par les frappes russes qui se sont abattues sur Kiev lundi. New Delhi, qui défend une diplomatie de « multi-alignement », s’est toujours gardé de condamner explicitement l’agression russe, tout en appelant à la paix et au dialogue. Après les embrassades, Narendra Modi l’a redit à son « ami » Vladimir Poutine, mardi : « La guerre ne peut résoudre les problèmes. » « Les solutions et les pourparlers de paix ne peuvent pas aboutir au milieu des bombes, des armes et des balles », a lancé le nationaliste hindou, plaidant pour « un chemin vers la paix par le dialogue ».

L’Inde s’était jusque-là montrée très prudente dans sa relation avec le Kremlin. Pour ne pas froisser ses partenaires occidentaux, Narendra Modi avait évité de se rendre en Russie. Le premier ministre indien n’avait rencontré Vladimir Poutine qu’une seule fois, en marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï en 2022, où il lui avait déjà fait savoir que « l’heure n’est pas à la guerre ». « Tout le monde comprend les logiques économiques qui poussent l’Inde à maintenir de bonnes relations avec la Russie », estime Nicolas Blarel, professeur de relations internationales à l’université de Leiden, aux Pays-Bas. L’Inde dépend de Moscou pour la maintenance de son équipement militaire, à 60 % d’origine russe et soviétique. Le géant du Sud asiatique, qui dépend à plus de 80 % des importations pour son approvisionnement, achète depuis le début de la guerre du pétrole russe à bas prix en grande quantité. Les raffineurs indiens revendent d’ailleurs une partie de celui-ci en Europe après l’avoir transformé.

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